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Adopter une approche féministe intersectionnelle pour la mobilité à vélo

Dans le cadre d’un projet Erasmus +, plusieurs partenaires européens et Cyclotopia réfléchissent ensemble sur la mobilité cycliste en prenant en compte le genre à la croisée d’autres systèmes de dominations.

Participez à une enquête sur la pratique du vélo des femmes et pluralités de genre à Marseille

Que vous soyez cycliste ou autre usager·e de l’espace urbain à Marseille, nous vous invitons à participer à une enquête en ligne sur la pratique du vélo des femmes et pluralités de genre !

Avec qui et pourquoi ?

Cette enquête se fait en collaboration avec notre partenaire le Col·lectiu Punt 6 qui, depuis 2019, a initié une recherche-action sur la pratique du vélo des femmes et personnes non binaires en réalisant chaque année une étude à Barcelone et dernièrement, à l’échelle de l’Espagne. On peut retrouver ici et des éléments à ce sujet !
Inspiré·e·s par leur démarche, nous lançons aujourd’hui une enquête en ligne, première étape pour mettre en place une étude similaire menée sur le territoire marseillais. L’objectif sera de rendre public les résultats, et de les mettre en parallèle avec ceux du Col·lectiu Punt 6 afin de proposer des préconisations en vue d’améliorer l’accessibilité à la pratique du vélo des femmes et pluralités de genre à Marseille.

Vous vous sentez concerné·e et souhaitez participer à l'enquête ?

Le cadre de l'étude

Cette étude s’inscrit dans FEMICYCLE, un projet de « partenariat simplifié » financé par le programme Erasmus + que Cyclotopia met actuellement en place (2025-2027) avec les deux partenaires Col·lectiu Punt 6 (Barcelone), Garance (Bruxelles) et d’autres acteurs locaux.
Il fait suite aux mobilités européennes précédentes (Bruxelles, Barcelone, Vienne) où Cyclotopia a rencontré des acteurs proposant des services vélos notamment auprès de femmes et de pluralités de genre, des acteurs de plaidoyer en faveur des piétons et des cyclistes et s’est lié avec des structures qui œuvrent pour améliorer l’espace public pour toutes et tous.
Ce projet s’inscrit dans la volonté du projet associatif de promouvoir un plaidoyer d’expertise d’usages, où des méthodes qualitatives et participatives sont utilisées avec un angle féministe intersectionnel.
Avec ses partenaires, Cyclotopia souhaite présenter des outils et pratiques inspirantes qui prennent en compte les enjeux féministes à l’intersection d’autres systèmes de domination, réaliser une étude participative sur la pratique du vélo des femmes et pluralités de genre à Marseille en appliquant la méthode utilisée par le Col·lectiu Punt 6 ainsi qu’un protocole visant à travailler la question du harcèlement routier.

Contexte et enjeux

L’urbanisme et la mobilité demeurent la représentation d’un modèle androcentrique, où le sujet principal est représenté par un homme-type universel, pensés pour la productivité et la rentabilité économique, où la mobilité est individuelle et unidirectionnelle, favorisant les véhicules motorisés, une séparation des usages, une ségrégation territoriale et l’étalement urbain. Cette vision promeut un modèle de ville déconnectant les habitant·e·s dans leur rapport aux autres et à leur environnement.
De manière générale, les femmes pratiquent une mobilité durable puisqu’elles utilisent majoritairement la marche et les transports en commun pour se déplacer, et ont des trajets plus complexes que les hommes, du fait notamment de leur socialisation genrée. Elles demeurent les principales prescriptrices des enfants et continuent majoritairement d’accompagner les enfants, les personnes âgées, les malades dans leurs déplacements. Elles sont responsables du soin des autres et de la vie quotidienne. Or la manière dont ont été pensés la mobilité et l’urbanisme les contraint à la fois dans l’usage de certains modes de transport, dans leurs propres déplacements mais aussi de ceux des personnes dont elles s’occupent.
De ce fait, si nous pensons l’urbanisme et la mobilité avec ce regard féministe intersectionnel, c’est un modèle de ville soignante et bienveillante qui est valorisé, où la vie quotidienne de toutes et tous – dans leur diversité – est mise en avant, que ce soit la sphère privée, communautaire, productive et reproductive. Ce modèle promeut notamment la reconnaissance que toutes les personnes sont vulnérables, interdépendantes et éco dépendantes; et que la ville doit être aménagée pour que les soins – des autres et de l’environnement – soient une coresponsabilité sociale où les personnes dépendantes sont représentées et autonomes. Il s’agit ici de valoriser les déplacements de la vie quotidienne.

Qui sont les partenaires ?

Col·lectiu Punt 6 (Barcelone) est une coopérative qui travaille sur les questions d’urbanisme (repenser les espaces publics, domestiques et communautaires) avec une approche féministe. A titre d’exemple, cette coopérative propose des temps de formation, de sensibilisation, des ateliers participatifs et effectue des études.
Garance (Bruxelles) est une association qui lutte contre les violences de genre au moyen de la prévention primaire : agir avant que les violences surviennent pour que ces violences ne se produisent pas ou n’existent pas. Elle propose notamment des stages d’auto-défense féministe, des études et analyses autour des espaces publics à travers le prisme du genre, un plaidoyer politique pour lutter contre ces violences.
En complémentarité et pour voir l’existant sur des enquêtes participatives qui ont traité la question de la pratique du vélo à Marseille, nous vous invitons à consulter celle de Marsactu de juin 2025, et celle de la FUB avec les résultats 2025 du Baromètre des villes cyclables.