Cette étude s’inscrit dans FEMICYCLE, un projet de « partenariat simplifié » financé par le programme Erasmus + que Cyclotopia met actuellement en place (2025-2027) avec les deux partenaires Col·lectiu Punt 6 (Barcelone), Garance (Bruxelles) et d’autres acteurs locaux.
Il fait suite aux mobilités européennes précédentes (Bruxelles, Barcelone, Vienne) où Cyclotopia a rencontré des acteurs proposant des services vélos notamment auprès de femmes et de pluralités de genre, des acteurs de plaidoyer en faveur des piétons et des cyclistes et s’est lié avec des structures qui œuvrent pour améliorer l’espace public pour toutes et tous.
Ce projet s’inscrit dans la volonté du projet associatif de promouvoir un plaidoyer d’expertise d’usages, où des méthodes qualitatives et participatives sont utilisées avec un angle féministe intersectionnel.
Avec ses partenaires, Cyclotopia souhaite présenter des outils et pratiques inspirantes qui prennent en compte les enjeux féministes à l’intersection d’autres systèmes de domination, réaliser une étude participative sur la pratique du vélo des femmes et pluralités de genre à Marseille en appliquant la méthode utilisée par le Col·lectiu Punt 6 ainsi qu’un protocole visant à travailler la question du harcèlement routier.
L’urbanisme et la mobilité demeurent la représentation d’un modèle androcentrique, où le sujet principal est représenté par un homme-type universel, pensés pour la productivité et la rentabilité économique, où la mobilité est individuelle et unidirectionnelle, favorisant les véhicules motorisés, une séparation des usages, une ségrégation territoriale et l’étalement urbain. Cette vision promeut un modèle de ville déconnectant les habitant·e·s dans leur rapport aux autres et à leur environnement.
De manière générale, les femmes pratiquent une mobilité durable puisqu’elles utilisent majoritairement la marche et les transports en commun pour se déplacer, et ont des trajets plus complexes que les hommes, du fait notamment de leur socialisation genrée. Elles demeurent les principales prescriptrices des enfants et continuent majoritairement d’accompagner les enfants, les personnes âgées, les malades dans leurs déplacements. Elles sont responsables du soin des autres et de la vie quotidienne. Or la manière dont ont été pensés la mobilité et l’urbanisme les contraint à la fois dans l’usage de certains modes de transport, dans leurs propres déplacements mais aussi de ceux des personnes dont elles s’occupent.
De ce fait, si nous pensons l’urbanisme et la mobilité avec ce regard féministe intersectionnel, c’est un modèle de ville soignante et bienveillante qui est valorisé, où la vie quotidienne de toutes et tous – dans leur diversité – est mise en avant, que ce soit la sphère privée, communautaire, productive et reproductive. Ce modèle promeut notamment la reconnaissance que toutes les personnes sont vulnérables, interdépendantes et éco dépendantes; et que la ville doit être aménagée pour que les soins – des autres et de l’environnement – soient une coresponsabilité sociale où les personnes dépendantes sont représentées et autonomes. Il s’agit ici de valoriser les déplacements de la vie quotidienne.